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Etre Mariste. Ce que cela signifie pour moi
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Sœur Olivina Isitolo  
Sœurs Missionnaires
 
En réfléchissant sur ce que signifie être appelée à devenir Mariste, Sœur Olivina Isitolo, de Tonga et missionnaire à Wallis, raconte l’histoire de sa relation à Marie.

Lorsque je me tourne vers mon passé, c’est comme si je revoyais un paysage familier avec des yeux neufs ; je découvre, dans ce qu’il m’a été donné de vivre, des trésors portant la marque d’une spiritualité profonde : l’essence de la vie Mariste.

J’ai réalisé que j’étais Mariste avant de faire partie de la Congrégation des Sœurs Missionnaires de la Société de Marie. J’ai grandi dans un environnement où Marie tenait une place importante : les prêtres, les religieux et religieuses de ma paroisse ainsi que les personnes qui m’ont fait la classe étaient Maristes. Ma famille aimait et vénérait Marie en même temps que son Fils et avait une grande dévotion envers elle. Personnellement, je ne me rappelle pas avoir eu une dévotion particulière envers Marie. Et pourtant, nous étions très proches l’une de l’autre et nous le sommes restées. C’est l’amour maternel de Marie qui m’attirait. Notre relation était, pour une large part, une relation « mère-fille ». Je parlais à Marie, simplement et à cœur ouvert, n’importe quand et n’importe où, lui faisant part de mes intérêts et de mes problèmes. Quand j’étais petite, j’avais de l’asthme et il m’arrivait souvent de faire de grosses crises. Une fois, au cours d’une partie de soft-ball, j’ai fait une crise plus forte que jamais. Alors que je haletais et cherchais à reprendre souffle, j’ai réalisé que ma tête et mon cœur n’arrêtaient pas de répéter : « Marie, si tu me guéris, je promets de faire partie d’un groupe marial ». J’avais treize ans à ce moment-là et cela a été ma dernière crise d’asthme. Je n’avais aucun doute : c’est à la vigilance maternelle de Marie que je devais ma guérison. Depuis, je ne fais plus d’asthme du tout.

Une fois que j’ai fait partie du groupe marial, je me suis rendu compte qu’il s’était produit un grand changement, une transformation de ma relation avec Marie, comme un passage à un autre niveau. Marie était présente et active dans ma vie, mais, en quelque sorte d’une façon globale et non ponctuelle : c’était comme si elle m’immergeait en elle, tout en disparaissant à l’arrière-plan.

Progressivement, j’ai pris conscience du changement, qui s’était opéré dans ma vie à mon insu et sans aucun effort de ma part. Mon « centre d’attraction » s’était complètement déplacé pour passer de Marie à Jésus. Cela s’était fait en douceur, imperceptiblement, comme si Marie m’avait tout doucement et peu à peu détachée d’elle pour m’orienter davantage vers son Fils, Jésus. Cette expérience s’est approfondie au fur et à mesure qu’augmentait le nombre de mes années chez les Sœurs Missionnaires de la Société de Marie. Marie n’a jamais cessé d’être ma compagne de route.

J’ai passé une année dans une communauté d’une autre congrégation et cette expérience m’a beaucoup interpellée au niveau de la vie mariste : dans cette congrégation, on avait une dévotion très forte envers Marie, une dévotion qui s’exprimait quotidiennement. Pendant quelque temps, j’ai tourné et retourné cette question : « Pourquoi ai-je l’impression que ces Sœurs paraissent plus Maristes que moi ? Je suis Mariste, mais je ne fais pas toutes ces prières de consécration ou autres à Marie. Est-ce que c’est moi qui ne fais pas ce qu’il faudrait ? ». La réponse m’a été donnée, claire comme de l’eau de roche, car Marie, une fois de plus, m’a aidée à la trouver : « Ce que tu es appelée à faire, c’est à vivre de ma vie, complètement : penser, juger, agir comme moi, avoir les mêmes sentiments que moi. Mais ne me mets pas dans une case où tu me réserverais des dévotions. »

Etre Mariste signifie donner un visage humain à Marie, la rendre vivante dans le monde d’aujourd’hui. Cela implique qu’on est totalement ouvert à Dieu et prêt à le servir. Cela implique que l’on fait tout ce que l’on a à faire avec le même esprit de service que Marie, que l’on fait tout à la manière de Marie servante. Peu importe que ce soit quelque chose d’important ou non, que tout le monde le sache ou que personne n’en sache rien. Ce qui compte, c’est le cœur, l’amour que je mets à servir, l’attitude avec laquelle j’agis. Je suis heureuse d’être Mariste et je remercie beaucoup Marie de m’avoir choisie gracieusement.

Il y a beaucoup de choses qui me parlent quand je pense à ce que c’est qu’être Mariste, ce que c’est de ressembler à Marie ; mais il y en a une qui me parle davantage que les autres et c’est la traduction en pratique, dans le quotidien, de ce qu’a été Marie, la vraie servante. C’est une pensée qui me donne du courage et de l’énergie dans mon apostolat, surtout quand il s’agit d’aller vers ceux qui ne peuvent pas bouger de chez eux, les handicapés, les malades, les personnes âgées ou seules. Je me souviens d’une femme que j’allais voir pour la première fois et qui m’a dit : « Votre visite est une visite à part, une sainte visite : à moi qui suis pauvre, et dans mon pauvre logis, c’est Marie que vous avez apportée ». Cela m’est allé droit au cœur.
 
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