Sr Moira, SM, Irlande, nous montre l’évolution de sa manière de comprendre ce qu’est « être mariste »
Je croyais avoir pris l’initiative moi-même le jour où je suis allée à Dieu, ma vie entre mes mains, en disant : « Voilà, je vous donne ma vie ». Je croyais que Dieu serait tout à fait ravi – je n’aurais jamais pensé qu’Il puisse dire « Qu’est-ce que je vais faire de ça ? » Je pensais qu’il y avait des milliers de façons dont il pouvait m’utiliser – des enfants à enseigner, des malades à soigner, des âmes à sauver !
Je suis devenue Mariste parce que les Sœurs Maristes m’avaient enseignée et je me sentais attirée par leur manière de faire les choses avec douceur, sans prétentions, par leur simplicité et leur bonté, et par le fait qu’elles nous orientaient vers Marie, la Mère qui nous mènerait à Jésus.
Dans ma vie religieuse, j’ai appris l’histoire et la spiritualité maristes à travers les livres et le témoignage de celles qui essayaient de me former. Quant à la pratique de la spiritualité mariste -que je suis toujours en train d’apprendre, elle m’est venue essentiellement par l’exemple des sœurs avec qui je vis, et par les laïcs maristes avec qui je partage prière et réflexion.
J’ai toujours aimé entendre l’histoire des commencements maristes – comment Marie elle-même a dit : « C’est ceci que je veux : une Société consacrée à mon nom dont les membres s’appelleront Maristes », et comment elle a promis d’être le soutien de l’Eglise d’aujourd’hui comme elle avait été celui de l’Eglise naissante.
J’avais du plaisir aussi à entendre les récits de fondation que les sœurs plus âgées racontaient, leurs expériences de la providence de Dieu en temps de privations, et comment Marie avait pris soin d’elles.
Mais je ne pouvais pas comprendre la libéralité du don gratuit de Dieu et l’intervention de Marie dans ma vie par un choix gracieux. Je me posais souvent la question : « Pourquoi moi ? » Petit à petit, j’ai compris que je renversais l’ordre des choses – ce n’était pas moi qui offrais un don à Dieu comme j’avais compris ma vocation au commencement, mais c’était Dieu qui me faisait un don, le don d’une vie nouvelle sous la forme de ce choix gracieux de Marie. Réfléchissant à ces mots : « choix gracieux », je trouve dans le dictionnaire plusieurs sens. Pour moi, dans ce contexte, les sens les plus pertinents sont proches de ‘bienveillant’, source de grâces, gratuit, immérité et spontané.
« Le choix gracieux » de Marie est spontané et gratuit. Il n’est pas question d’une évaluation calculée des ‘biens’ choisis – pas de demandes du CV, ni d’interview, ni de notation élevée, ni de références etc.
A la différence de ma première idée de la vocation comme mon choix, basée sur ce qu’on pouvait me demander de faire, la vocation vue comme « choix gracieux » met l’accent sur la personne que je suis - une personne aimée de Dieu et unique – pas dans une sens élitiste parce que cela me collerait une étiquette selon mes compétences etc., mais dans le sens d’une relation. Marie me choisit telle que je suis, et ce choix m’honore de son patronage de son nom et des bénédictions accordées à sa Famille.
Pour tout cela je ne peux que dire avec Marie : « Le Seigneur a fait pour moi des merveilles ; Saint est son nom. » |