Giovanni Bigotto est actuellement postulateur des causes des saints à la maison générale des Frères Maristes
Ce titre, Marie, Mère de l’Eglise, a été officialisé par le pape Paul VI, à la clôture de la troisième session du concile Vatican II, le 21 novembre 1964 : « Marie, Mère de l’Eglise, c’est-à-dire de tout le peuple de Dieu, aussi bien des fidèles que des pasteurs » En même temps, Paul VI ajoutait : « Que désormais, sous ce titre très doux, la Vierge soit encore davantage honorée et invoquée par le peuple chrétien » (AA 1964, 37).
Marie porte en elle tout le germe de l’Eglise, toute l’identité du peuple chrétien, quand elle porte le Messie elle est lourde de tous ceux qui seront fils par son Fils. La révélation en est faite au pied de la Croix quand Jésus fait de sa mère la mère du disciple aimé. Tout disciple vrai est l’aimé de Jésus et il a Marie pour mère.
Si dans les premiers jours de salut Joseph entend : « Joseph, prends chez toi Marie ! », dans l’Heure du salut, le disciple entend le Sauveur lui dire : ‘« Voici, ta mère ! » Et dès cette heure-là le disciple la prit chez lui ! »’ Jn 19, 27. Comme Joseph, comme le disciple aimé l’Eglise accueille la Mère de Jésus, dans ses tous premiers jours, quand elle est en attente l’Esprit. Marie est là comme pour léguer sa maternité à le jeune mère Eglise qui allait naître le jour de la Pentecôtes. Deux mille ans après, Marie est encore la Mère aimée dans le peuple de Dieu, l’Eglise accueille avec vénération celle qui est la Mère de tous les disciples : fidèles et pasteurs !
Mais quel sens, quelles réalités, quelles implications ce titre, Marie, Mère de l’Eglise, peut-il avoir pour un membre de la famille mariste ?
La famille mariste, dans ses diverses branches, est comme une Eglise en miniature, les diverses réalités de l’Eglise se reflètent en elle. Comme dans un fragment d’hostie consacrée il y a tout le corps du Seigneur, ainsi dans toute famille suscité par l’Esprit il y a toute l’Eglise. Mais nous, Maristes, nous avons toujours affirmé, depuis les fondateurs, que nous sommes l’œuvre de Marie, qu’elle a tout fait chez nous, que nous sommes sa famille, qu’elle est la Bonne Mère, de chaque membre et de la famille entière. Nous constatons une réalité : nous sommes l’œuvre de Marie, elle nous caractérise, notre identité est mariale.
Les implications sont multiples. Nous devons hériter de la Mère, par grâce et pas ascèse, ses qualités qui se révèlent dans l’accueil du Fils, dans l’ouverture aux hommes, dans ses attentions maternelles envers l’Eglise. Marie est celle qui accueille Jésus, porte Jésus, donne Jésus, présente Jésus, cherche Jésus, oriente vers Jésus, révèle Jésus, garde dans l’intelligence du cœur les paroles et les gestes de Jésus, elle se tient aux pieds de la croix de Jésus, elle prie avec l’Eglise de Jésus. Elle est la servante de Jésus, la Mère de Jésus, la disciple de Jésus. Ici réside toute la vocation dynamique de l’Eglise et du Mariste, tout leur champ d’apostolat et le foyer central de leur passion : Jésus !
Mais si nous maristes héritons des aspects maternels de Marie cela veut dire que consciemment et en actes nous devons aimer l’Eglise et l’engendrer dans ses membres ; nous devrions ressentir en nous des entrailles maternelles pour le peuple de Dieu, être ceux qui permettent à la maternité de Marie de continuer dans notre cœur, nos sentiments, nos gestes de sympathie humaine. Nous devons soigner ces aspects maternels de notre identité mariste. Marie est notre mère pour qu’à notre tour soyons maternels. Et notre regard doit toujours se porter sur Marie et sur l’Eglise, sur Marie et sur les enfants de l’Eglise qui sont toujours à engendrer. Comme Marie nous sommes dans l’Eglise, fils de l’Eglise, mais aussi responsables de l’Eglise. Avoir une âme maternelle se situe en amont de l’apostolat et donne forme à l’apostolat.
Préface : Marie, Mère de l’Eglise
Vraiment il est juste et bon de rendre gloire, de t’offrir notre action de grâce, toujours et en tout lieu, à toi, Père très saint, Dieu éternel et tout puissant.
Pour célébrer la Vierge Marie, c’est à toi que s’adressent nos louanges.
En accueillant ta parole dans un cœur immaculé, elle a mérité de le concevoir dans son sein virginal.
En donnant naissance à son Créateur, elle a préparé les commencements de l’Eglise.
En recevant aux pieds de la croix le testament d’amour de son Fils, elle a reçu pour fils tous les hommes que la mort du Christ a fait naître à la vie divine.
Quand les apôtres attendaient l’Esprit qui leur était promis, elle a joint sa supplication à celle des disciples, devenant ainsi le modèle de l’Eglise en prière.
Elevée dans la gloire du ciel, elle accompagne et protège l’Eglise de son amour maternel dans sa marche vers la patrie jusqu’au jour de la venue glorieuse du Seigneur.
C’est pourquoi avec tous les anges et tous les saints, nous chantons l’hymne de ta gloire et sans fin nous proclamons : Saint, saint, saint le Seigneur…
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