Pendant mon enfance, la Sainte Vierge a toujours fait partie de ma vie. Elle était un peu comme un membre de la famille qui vivait ailleurs. Nous ne la voyions pas, mais nous étions toujours en contact avec elle. Avant les événements importants tels que les examens, nous sentions la nécessité de réciter le rosaire pendant une neuvaine qui durait 54 jours consécutifs – et il était important que les jours se suivent ! On discutait avec Elle les affaires de la famille et les problèmes tout comme si elle était présente et je crois qu’elle y était vraiment. Tous les soirs nous disions le chapelet pour rester en contact avec elle, un peu comme par un e-mail pré-Microsoft.
Tout ceci était avant le Concile. Avec l’arrivée du Concile et tout ce qui l’a suivi, j’ai plus ou moins perdu contact avec Notre Dame ; ‘Chapelet, Homélie et Salut’ avaient disparu de notre église comme d’autres dévotions mariales. Les pratiques de dévotion additionnées pendant des années s’étaient évanouies et nous nous trouvions dans une Eglise rationalisée où on ne plaisantait pas – c’est du moins comme ça que les choses nous paraissaient – et Marie aussi était partie dans le désert.
Bien des années plus tard, je suis allée enseigner dans une école Mariste et j’ai trouvé là des personnes dont Marie était l’inspiration. Mais ce n’était pas la même Marie en bleu et blanc qui s’apprêtait à écouter les neuvaines de 54 jours ; c’était une Marie beaucoup plus forte. Celle-ci vous présentait un défi fondé sur les valeurs de l’Evangile de son Fils ; elle vous invitait à écouter, à juger et à agir comme elle. C’était une Marie qui vous disait de regarder, au-delà de votre propre famille, d’autres personnes en plus grand besoin ; une Marie qui disait : Oui le monde est dur, mais ensemble nous pouvons changer quelque chose ; une Marie qui disait : Oui je suis toujours là prête à vous aider – en fait une Marie selon le ‘Chemin Mariste’. J’aime toujours la Marie de mon enfance mais le Chemin Mariste me présente une Marie qui parle plus à mon âge et au siècle où je vis. Je suis contente de l’avoir retrouvée ! |